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Sylvie Shiwei Barbier(王希微)

Née à Taipei en 1988, Shiwei est de nationalité franco-taïwanaise. Dès l’âge de trois ans et demi, sa vie est partagée entre Taïwan, la France et les États-Unis. Elle commence des études d’arts plastiques à la Sorbonne et aux ateliers de la Mairie de Paris, puis d’arts appliqués au London College of Communication, où elle obtient un BA en « Design for Interaction and Moving Image ». Elle part ensuite approfondir ses connaissances linguistiques et culturelles dans sa ville natale. Elle pratique la photographie, la vidéo, la performance, le dessin, la peinture, et mêle les techniques ancestrales aux nouvelles technologies.


« L’art comme portail »


Shiwei est essentiellement autodidacte. La liberté accordée par les professeurs des ateliers de la Mairie de Paris l’a avant tout poussée à développer ses propres questionnements sur l’art. Elle a rapidement constaté que suggérer menait le spectateur sur le chemin de la réflexion, tandis que provoquer revenait à lui imposer un discours. Dans une perspective sensualiste, elle aspire à repousser les limites et dépasser les conventions esthétiques afin de dévoiler de nouveaux horizons. En effet, bien que Shiwei maîtrise trois langues, dont deux des plus parlées dans le monde, elle considère l’art comme le moyen de communication par excellence. Plus instinctif et primitif que le langage, il touche selon elle les sens par sa beauté, et permet d’ouvrir, en douceur, un dialogue authentique avec un public qu’elle veut le plus hétéroclite possible.
Si la mondialisation peut complexifier la perception de l’Autre en le rendant virtuellement accessible, Shiwei tente d’abord de le percevoir comme un semblable, et non comme un Étranger. Elle tend à réconcilier l’âme et la chair, l’intellect et le corps dans une unité autorisant la diversité mais excluant toute éventualité de discrimination. Ses séries photographiques rappellent l’origine commune de tous les hommes, comme « Dream of Birth », et mettent en exergue leur animalité et leur adaptabilité, notamment «  Hybrid Instinct ». Ses performances sont l’occasion de révéler aux spectateurs la valeur sacrée du corps humain, trop souvent profané par son utilisation à des fins publicitaires. Elles lui permettent en outre d’entrer en communion non seulement ponctuellement avec le public, mais aussi durablement avec le monde, et nous invitent à suivre le même chemin. Au travers d’un art qu’elle veut le plus total possible, elle interroge donc les notions de diversité culturelle et de singularité, aujourd’hui prônées par des organismes mondiaux et scandée par des slogans commerciaux.


Christine BUSSET 


(Master 2 « muséologie et communication interculturelle », Paris-Sorbonne / Paris IV)